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Série les Neurosciences au service de la Formation

Épisode 1/26 – Pourquoi vos stagiaires oublient-ils si vite ce que vous leur avez enseigné ?

Vous avez probablement déjà vécu cette situation.

Pendant la formation, tout semble clair. Les stagiaires participent, répondent correctement à vos questions et donnent l'impression d'avoir assimilé les notions abordées.

Pourtant, quelques jours plus tard, une partie importante de ces connaissances semble avoir disparu.

Ce phénomène est parfaitement normal.


Dès 1885, le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus a démontré que notre mémoire décline rapidement lorsqu'une information n'est pas réactivée. Ses travaux ont donné naissance à ce que l'on appelle aujourd'hui la courbe de l'oubli.


Son expérience était simple mais révolutionnaire : il apprenait des listes de syllabes dénuées de sens, puis mesurait ce qu'il était capable de retenir au fil du temps.

Le résultat est sans appel : sans réactivation, une grande partie des informations est oubliée très rapidement après l'apprentissage.


Cette découverte remet en question une idée encore très répandue : ce n'est pas parce qu'un stagiaire a compris qu'il retiendra durablement.


Comprendre constitue une étape de l'apprentissage.


La mémorisation, elle, nécessite un travail supplémentaire.


La courbe de l'oubli d'Ebbinghaus par LDDCoaching
La courbe de l'oubli d'Ebbinghaus par LDDCoaching

💼 Ce que cela change pour le formateur

Si vous consacrez trois heures à transmettre des connaissances sans prévoir de moments de réactivation, vous laissez le cerveau suivre son fonctionnement naturel : oublier.

À l'inverse, quelques minutes suffisent souvent pour renforcer durablement les apprentissages.

Par exemple :

  • demander à un participant de reformuler une notion avec ses propres mots ;

  • commencer l'après-midi par un rappel des points essentiels du matin ;

  • proposer un mini quiz de trois questions avant d'aborder une nouvelle séquence ;

  • faire construire une carte mentale collective à la fin de la journée.

Ces activités prennent peu de temps, mais elles favorisent la consolidation des connaissances en mémoire.


⚠️ L'erreur fréquente

Beaucoup de formateurs ajoutent toujours plus de contenu lorsqu'ils constatent que leurs stagiaires oublient.

Les neurosciences nous invitent à faire exactement l'inverse.

Il est souvent plus efficace de consacrer quelques minutes à réactiver les connaissances déjà abordées plutôt que d'ajouter de nouvelles informations.

La qualité de l'apprentissage dépend moins de la quantité de contenu que de la manière dont celui-ci est consolidé.


✅ À tester dès votre prochaine formation

Avant de commencer un nouveau chapitre, prenez deux minutes pour demander à vos stagiaires :

« Sans regarder vos notes, quelles sont les trois idées essentielles que vous retenez de la séquence précédente ? »

Vous serez probablement surpris par la richesse des échanges… et par l'effet de cette simple question sur la mémorisation.



🧪 Le défi pédagogique de la semaine

Lors de votre prochaine formation, prévoyez un seul moment de réactivation de deux à trois minutes avant d'aborder un nouveau contenu.

Observez ensuite la qualité des réponses, des échanges et de la participation.

Je serais curieux de connaître ce que vous aurez constaté sur le terrain.



📚 Références

  • Hermann Ebbinghaus (1885). Über das Gedächtnis (On Memory).

  • Ebbinghaus, H. (1913). Memory: A Contribution to Experimental Psychology (traduction anglaise de l'ouvrage de 1885).


Série de 26 épisodes par LDDCoaching

 
 
 

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