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En formation : faut-il prendre ses notes à la main ou sur ordinateur ?



L’ordinateur possède un avantage évident : la vitesse de saisie.



Pour une personne qui maîtrise réellement le clavier, taper permet généralement de capter davantage d’informations qu’écrire à la main. Dans certaines situations, l’écart peut être significatif : le clavier facilite la prise de notes abondante, la mise au propre, la recherche d’informations et le partage immédiat d’un compte rendu.



Mais cet avantage de vitesse doit être remis dans son contexte : il n’existe pas de rapport universel entre clavier et écriture manuscrite. Tout dépend de l’automatisation de la frappe. Chez certains étudiants, notamment sans entraînement à la dactylographie, l’écriture à la main reste initialement aussi rapide, voire plus rapide. ([cris-test.huji.ac.il](https://cris-test.huji.ac.il/en/publications/keyboarding-versus-handwriting-speed-of-higher-education-students))



Surtout, prendre davantage de notes ne signifie pas automatiquement mieux apprendre.


En formation : faut il privilégier la prise de note manuelle ou à l'ordinateur ?
En formation : faut il privilégier la prise de note manuelle ou à l'ordinateur ?


La main oblige à penser pendant que l’on écrit



L’écriture manuscrite est plus lente. Cette contrainte oblige l’apprenant à faire un travail essentiel : il doit écouter, sélectionner, hiérarchiser, reformuler et organiser l’information.



Il ne peut pas tout recopier. Il doit donc se demander :



- Quelle est l’idée principale ?


- Qu’est-ce qui mérite d’être retenu ?


- Quel exemple rend ce concept concret ?


- Comment cette notion se relie-t-elle à ce qui a été vu précédemment ?



Cette transformation de l’information favorise une compréhension plus active. Dans leurs expériences, Mueller et Oppenheimer ont montré que les utilisateurs d’ordinateur prenaient davantage de notes, mais avaient aussi davantage tendance à retranscrire les propos presque mot à mot. Cette prise de notes verbatim était associée à de moins bonnes performances sur les questions demandant de comprendre et de mobiliser les concepts. ([doi.org](https://doi.org/10.1177/0956797614524581?utm_source=openai))



Comprendre : plutôt que copier



Prendre des notes à la main ne consiste pas simplement à écrire moins vite. C’est une occasion de reformuler.



Or, reformuler suppose de donner du sens à ce que l’on entend. L’apprenant ne reproduit pas les mots du formateur : il les traduit dans son propre langage, les relie à ses expériences et construit progressivement sa compréhension.



C’est pourquoi les notes manuscrites peuvent être particulièrement utiles lorsqu’une formation vise autre chose que la restitution d’informations : comprendre une méthode, analyser une situation, résoudre un problème ou transférer un apprentissage dans son activité professionnelle. ([doi.org](https://doi.org/10.1177/0956797614524581?utm_source=openai))



Mémoriser : l’effet du traitement actif



La prise de notes peut aussi soutenir la mémorisation grâce à ce que les chercheurs appellent l’**effet d’encodage** : le fait de sélectionner et de traiter une information pendant sa prise de notes aide à l’ancrer en mémoire. ([sciencedirect.com](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1747938X17300374?utm_source=openai))



Une étude menée auprès d’étudiants de l’enseignement supérieur a, par exemple, observé une meilleure restitution immédiate avec l’écriture manuscrite qu’avec la frappe, particulièrement lorsque la quantité d’informations à retenir augmentait. Les auteurs relient ce résultat au coût cognitif plus élevé de la frappe dans leur protocole. ([eric.ed.gov](https://eric.ed.gov/?id=EJ1310561))



Il faut néanmoins rester précis : l’écriture manuscrite n’est pas une solution magique. Son intérêt apparaît surtout lorsqu’elle conduit à une prise de notes active, sélective et personnelle — et lorsque les notes sont ensuite relues, complétées et utilisées.



Structurer sa pensée : un support plus visuel et plus libre



Le cahier laisse une grande liberté pour organiser sa pensée dans l’espace : titres, retraits, flèches, encadrés, schémas, cartes mentales, mots-clés ou liens entre deux idées éloignées sur la page.



Cette possibilité n’est pas anecdotique. Des travaux montrent que les personnes prenant des notes à la main produisent davantage de notes visuelles — signaux, illustrations et schémas — que celles utilisant un ordinateur portable. ([eric.ed.gov](https://eric.ed.gov/?id=EJ1197626&utm_source=openai))



D’autres recherches indiquent que l’usage spontané de stratégies spatiales, telles que les cartes et les dessins, prédit de meilleurs résultats d’apprentissage dans l’étude d’un texte scientifique. Dans cette étude, les participants utilisant papier et stylo recouraient plus souvent à ces stratégies que les utilisateurs d’ordinateur. ([sciencedirect.com](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0361476X1730005X?utm_source=openai))



On peut donc le formuler ainsi : l’écriture manuscrite ne structure pas mécaniquement la pensée ; elle crée un environnement particulièrement favorable pour la structurer.



Le bon choix : selon l’objectif de la formation



L’ordinateur est un excellent outil lorsqu’il faut :



- produire un compte rendu détaillé ;


- centraliser des documents et des liens ;


- collaborer avec d’autres participants ;


- rechercher rapidement une information ;


- partager ou archiver les notes.




Le cahier est souvent plus pertinent lorsqu’il faut :



- comprendre en profondeur ;


- mémoriser des idées importantes ;


- prendre du recul ;


- faire émerger des liens ;


- schématiser un raisonnement ;


- transformer un contenu de formation en repères personnels et opérationnels.



La question n’est donc pas seulement : “Quel support est le plus rapide ?”



La meilleure question est : “Quel support m’aide à traiter réellement ce que je suis en train d’apprendre ?”



> L’ordinateur permet de capter davantage.


> L’écriture manuscrite invite davantage à sélectionner, reformuler, mémoriser et structurer.


> En formation, ce sont souvent ces opérations qui font la différence entre avoir pris des notes… et avoir appris.



Références scientifiques



- Brown, C. M. L. (1988). Comparison of Typing and Handwriting in “Two-Finger Typists”. Proceedings of the Human Factors Society Annual Meeting, 32(5), 381–385. doi: 10.1177/154193128803200533. ([journals.sagepub.com](https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/154193128803200533))



- Weigelt-Marom, H. & Weintraub, N. (2018). Keyboarding versus handwriting speed of higher education students with and without learning disabilities: Does touch-typing assist in narrowing the gap? Computers & Education, 117, 132–140. doi: 10.1016/j.compedu.2017.10.008. ([cris-test.huji.ac.il](https://cris-test.huji.ac.il/en/publications/keyboarding-versus-handwriting-speed-of-higher-education-students))



- Mueller, P. A. & Oppenheimer, D. M. (2014). The Pen Is Mightier Than the Keyboard: Advantages of Longhand Over Laptop Note Taking. Psychological Science, 25(6), 1159–1168. doi: 10.1177/0956797614524581. ([doi.org](https://doi.org/10.1177/0956797614524581?utm_source=openai))



- Bouriga, S. & Olive, T. (2021). Is Typewriting More Resources-Demanding than Handwriting in Undergraduate Students? Reading and Writing, 34, 2227–2255. ([eric.ed.gov](https://eric.ed.gov/?id=EJ1310561))



- Luo, L., Kiewra, K. A., Flanigan, A. E. & Peteranetz, M. S. (2018). Laptop versus Longhand Note Taking: Effects on Lecture Notes and Achievement. Instructional Science, 46, 947–971. ([eric.ed.gov](https://eric.ed.gov/?id=EJ1197626&utm_source=openai))



- Schwamborn, A., Thillmann, H., Opfermann, M. & Leutner, D. (2017). Spontaneous spatial strategy use in learning from scientific text. Contemporary Educational Psychology, 49, 66–79. doi: 10.1016/j.cedpsych.2017.01.002. ([sciencedirect.com](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0361476X1730005X?utm_source=openai))

 
 
 

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