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đź§  Les neurosciences au service de la formation

Épisode 6/26 – Pourquoi faciliter l'apprentissage… peut parfois nuire à la mémorisation


En tant que formateur/formatrice, notre premier réflexe est souvent de vouloir rendre les choses les plus simples possible.

Nous expliquons davantage.

Nous donnons des exemples.

Nous guidons pas Ă  pas.

Nous répondons rapidement aux difficultés.

Notre intention est excellente : aider les stagiaires à réussir.

Mais si, en voulant trop faciliter les apprentissages, nous empêchions en réalité le cerveau de faire l'effort nécessaire pour apprendre durablement ?



🔬 Ce que dit la science

Les psychologues américains Robert A. Bjork et Elizabeth Ligon Bjork ont introduit un concept aujourd'hui incontournable : les difficultés désirables (desirable difficulties).

Le principe est contre-intuitif.

Lorsque l'apprenant doit fournir un effort raisonnable pour retrouver une information, résoudre un problème ou expliquer une notion, cet effort renforce les apprentissages à long terme.

À l'inverse, lorsque tout est trop fluide, trop guidé ou trop assisté, la sensation de facilité peut donner l'illusion d'apprendre… sans favoriser une mémorisation durable.

En d'autres termes :

Ce qui est facile aujourd'hui n'est pas toujours ce qui sera retenu demain.





đź’Ľ Ce que cela change pour le formateur

Notre objectif n'est pas de supprimer toute difficulté.

Notre objectif est de proposer des défis accessibles.

Quelques exemples :

  • laisser quelques secondes de rĂ©flexion avant de donner la rĂ©ponse ;

  • demander aux stagiaires de rĂ©soudre un problème avant de montrer la solution ;

  • inviter chacun Ă  reformuler une notion avec ses propres mots ;

  • varier les exercices pour Ă©viter les automatismes.

L'effort cognitif n'est pas un obstacle Ă  l'apprentissage.

Il en est souvent une condition.




⚠️ L'erreur fréquente

Face au silence d'un groupe, beaucoup de formateurs répondent eux-mêmes à leur question après deux ou trois secondes.

Pourtant, ce silence n'est pas forcément un problème.

C'est souvent le signe que les cerveaux sont en train de chercher.

Et cette recherche est précisément ce qui favorise la consolidation des connaissances.

Le silence n'est donc pas toujours un vide.

Il peut ĂŞtre un temps d'apprentissage.



✅ À tester dès votre prochaine formation

La prochaine fois que vous posez une question au groupe, résistez à la tentation de répondre immédiatement.

Laissez 10 secondes de silence.

Cela vous paraîtra probablement très long.

Pour vos stagiaires, ce seront 10 secondes précieuses pour mobiliser leur mémoire et construire leur réponse.

Vous serez souvent surpris de la qualité des échanges qui suivront.



🧪 Le défi pédagogique de la semaine

Lors de votre prochaine intervention, identifiez un moment où vous avez l'habitude de "donner la réponse".

À la place, posez une question, laissez un temps de réflexion, puis accompagnez vos stagiaires dans leur recherche.

Observez ce qui change dans leur implication… et dans leurs réponses.



📚 Références

  • Bjork, R. A. (1994). Memory and Metamemory Considerations in the Training of Human Beings.

  • Bjork, R. A., & Bjork, E. L. (2011). Making Things Hard on Yourself, But in a Good Way: Creating Desirable Difficulties to Enhance Learning.

  • Brown, P. C., Roediger, H. L., & McDaniel, M. A. (2014). Make It Stick: The Science of Successful Learning.



📅 La semaine prochaine…

Pourquoi espacer les révisions est plus efficace que tout revoir la veille.



 
 
 

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